Les écosystèmes de la République centrafricaine constituent un patrimoine naturel essentiel pour les populations et pour l’équilibre climatique du pays. Ils fournissent des ressources indispensables aux moyens de subsistance, contribuent à la régulation de l’eau et du climat, préservent la biodiversité et jouent un rôle majeur dans la séquestration du carbone.
Cependant, ces écosystèmes sont soumis à des pressions croissantes liées aux activités humaines et aux changements climatiques. La hausse des températures, la variabilité des précipitations, les sécheresses, les inondations, les feux et la dégradation des terres peuvent accentuer leur vulnérabilité.
La RCA dispose par ailleurs d’un potentiel exceptionnel de séquestration du carbone. Les terres forestières représentent environ 45 % du territoire national et assurent plus de la moitié de la capacité de séquestration du pays. Ce potentiel est toutefois soumis à une pression croissante liée aux activités humaines.
Cette rubrique présente les écosystèmes prioritaires pour l’adaptation et ceux présentant un intérêt particulier pour l’atténuation, à travers leur état de référence, les risques climatiques, leur vulnérabilité, leurs fonctions et services écosystémiques, ainsi que leur potentiel de conservation, de restauration et de séquestration du carbone.
Écosystèmes prioritaires pour l’adaptation
L’adaptation fondée sur les écosystèmes vise à préserver et restaurer les milieux naturels afin de réduire leur vulnérabilité et celle des populations qui en dépendent.
Forêts
Les forêts constituent l’un des principaux patrimoines naturels de la RCA. Elles jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat, la conservation de la biodiversité, la protection des sols et des ressources en eau et le maintien des moyens de subsistance des populations.
Elles sont cependant exposées à la déforestation, à la dégradation des formations forestières, aux feux et aux changements d’affectation des terres. La superficie totale des terres forestières a notamment diminué de 4 % entre 2010 et 2022, selon le BTR1.
Savanes et écosystèmes boisés
Les savanes et formations boisées occupent une place importante dans les paysages centrafricains et fournissent de nombreuses ressources aux populations rurales.
Elles sont particulièrement exposées aux feux de savane, aux variations des précipitations, aux sécheresses, à la dégradation des sols et aux changements d’utilisation des terres. Les feux de savane et les changements d’affectation des terres constituent également des sources importantes d’émissions dans le secteur FAT.
Zones humides et ressources aquatiques
Les zones humides contribuent à la régulation des ressources en eau, à la conservation de la biodiversité et au maintien des activités et moyens de subsistance des communautés.
Les variations des précipitations, les sécheresses et les épisodes de pluies intenses peuvent affecter leur fonctionnement et accroître les risques associés à la disponibilité et à la qualité de l’eau.
Terres cultivées et agroécosystèmes
Les terres cultivées constituent des écosystèmes fortement liés aux moyens de subsistance des populations rurales. Leur évolution dépend à la fois des pratiques agricoles, des conditions climatiques et des changements d’utilisation des terres.
Les principaux risques comprennent la dégradation des sols, les sécheresses, la variabilité des précipitations, les inondations et l’érosion.
La CDN 3.0 identifie notamment l’agroforesterie et les pratiques permettant d'améliorer le stockage du carbone comme des leviers d’action climatique.
Écosystèmes d’intérêt pour l’atténuation
Les écosystèmes constituent un levier majeur de l’atténuation en RCA en raison de leur capacité à absorber et stocker le carbone.
En 2022, le secteur « Foresterie et autres utilisations des terres » affichait une absorption nette estimée à –394 624 GgCO₂-éq. Cette capacité de séquestration est principalement liée à l’importance du patrimoine forestier centrafricain.
Forêts : principal puits de carbone
Les forêts représentent le principal potentiel de séquestration du carbone du pays. Plus de 50 % de la capacité nationale de séquestration est assurée par les terres forestières.
La conservation des forêts, la réduction de la déforestation et de la dégradation, la restauration des terres dégradées et la gestion durable des ressources forestières constituent donc des leviers essentiels de la stratégie d’atténuation.
Savanes : réduction des émissions et gestion des feux
Les savanes constituent également un enjeu important d’atténuation. Les feux de savane représentent une source importante d’émissions dans le secteur FAT.
La gestion durable des savanes, la prévention des feux incontrôlés et l’amélioration des pratiques de gestion des terres peuvent contribuer à réduire les émissions tout en préservant les fonctions écologiques de ces milieux.
Agroécosystèmes et agroforesterie
Les systèmes agroforestiers permettent d’associer production agricole et conservation ou restauration des arbres et des sols. Ils peuvent ainsi contribuer simultanément à l’adaptation des exploitations et à l’atténuation du changement climatique.
La CDN 3.0 identifie les absorptions liées aux forêts naturelles et aux pratiques agroforestières comme un levier majeur de séquestration du carbone.
Vulnérabilité des écosystèmes
La vulnérabilité des écosystèmes centrafricains résulte de l’interaction entre les changements climatiques et les pressions anthropiques.
Les principaux facteurs de risque comprennent : la Hausse des températures, la variabilité accrue des précipitations, la sécheresses prolongées, les pluies intenses et inondations, l'érosion et dégradation des sols, les feux de savane, la déforestation et dégradation forestière, la perte de biodiversité, et la pression croissante sur les ressources naturelles.
Le PSO-CC souligne que la hausse des températures, la variabilité pluviométrique et les événements extrêmes aggravent la dégradation des écosystèmes et fragilisent les moyens de subsistance.
Potentiel de conservation, restauration et séquestration
La RCA dispose d’un potentiel particulièrement important pour les actions fondées sur les écosystèmes. Le PSO-CC identifie notamment comme atouts du pays son potentiel forestier exceptionnel, comprenant des forêts denses et des savanes arborées, ainsi que sa capacité élevée de séquestration du carbone. Il souligne également le rôle stratégique du secteur UTCATF et les possibilités de mobilisation de financements REDD+.
Les actions prioritaires peuvent notamment porter sur
· La conservation des forêts et des habitats naturels
· La lutte contre la déforestation et la dégradation
· La restauration des terres et des écosystèmes dégradés
· La gestion durable des forêts
· La gestion durable des savanes et des feux
· Le développement de l’agroforesterie
· La protection des zones humides
· Le renforcement des initiatives communautaire
· La mobilisation de financements pour la conservation et la séquestration du carbone