La République Centrafricaine, membre des Nations Unies, dans l’espoir d’améliorer le statut de la Femme, a adhéré et ratifé la quasi-totalité des instruments juridiques régionaux, sous régionaux et internationaux, Conventions et Déclarations relatifs à «l’élimination de la violence contre les femmes».
En occurrence la Conférence Mondiale sur les droits humains qui s’est tenu à Vienne en 1993 par l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies a abouti à une Déclaration et un Programme d’action de Vienne, qui inclut elle aussi des précisions relatives aux Droits Fondamentaux sur les questions de violences faites aux Femmes et aux Filles.
Dans le cadre de la protection de l’environnement, le Gouvernement Centrafricain a ratifé la majorité des Accords multilatéraux sur l’Environnement, notamment la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), la Convention de Lutte contre la Désertifcation et la Convention sur la Biodiversité. La mise en œuvre de ces Accords multilatéraux sur l’Environnement a permis l’élaboration et l’adoption de textes législatifs et réglementaires permettant d’encadrer la mise en œuvre de ces conventions, notamment la ratifcation du Protocole de Kyoto, l’Amendement de DOHA et de l’Accord de Paris.
Ledit Accord invite les Parties, les membres des organes constitués, les organismes des Nations Unies, les observateurs et les autres parties prenantes, à participer et à collaborer à l’exécution du plan d’action en faveur de l’égalité des sexes, en vue d’avancer vers l’objectif consistant à intégrer une perspective de genre dans tous les éléments de l’action engagée pour le climat (Décision CP/L.29, 2017.
Malgré les multiples crises politico-militaires qui ont sérieusement détruit le tissus socio-économique de la RCA depuis 2012, affaiblissant les capacités de l’État à jouer son rôle de protection des populations et de leurs biens, ce pays a néanmoins entrepris plusieurs initiatives pour se remettre sur la voie du développement.
La volonté politique du Gouvernement à promouvoir l’égalité, la justice et le droit en République Centrafricaine (RCA) s’est concrétisée par les différents instruments juridiques adoptés par le pays tels que:
• la Constitution du 30 mars 2016, la Loi n°16.004 du 24 novembre 2016 instituant la Parité entre les hommes et les femmes en RCA;
• la Loi n° 06.032 du 15 décembre 2006 relative à la protection de la femme contre les violences en RCA; et
• le Code de la Famille promulguée le 27 novembre 1997.
L’article 6 de la Constitution de la RCA stipule que «Tous les Etres Humains sont Egaux devant la loi sans Distinction de Race, d’Origine Ethnique, de Région, de Sexe, de Religion, d’Appartenance Politique et de Position Sociale». Cette loi garantit à l’homme et à la femme des droits égaux dans tous les domaines. Il n’y a en RCA ni sujet, ni privilège de lieu de naissance, de personne ou de famille (Anonyme, 2016).
Dans le cadre de la Politique Nationale de Promotion de l’Egalité et l’Equité en RCA, l’égalité sexes et l’autonomisation des femmes sont des facteurs essentiels qui influencent toutes les dimensions du développement politique et socio-économique et les progrès vers la réalisation de tous les objectifs du développement durable. Le Ministère de la Promotion du Genre, de la Protection de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a élaboré plusieurs documents politiques à savoir:
• (i) le document de la Politique Nationale de Promotion de l’Équité et l’Égalité adopté en 2005 et son plan d’action qui prend en compte la lutte contre les pratiques néfastes et les violences à l’égard des femmes et des flles comme des domaines prioritaires d’intervention;
• (ii) le Plan d’Action National pour la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les Femmes Paix et Sécurité, (2014-2016) qui est un outil politique et opérationnel destiné, non seulement à l’exécution des termes de la Résolution 1325, mais également, pour vocation de refléter l’engagement du Gouvernement et sa responsabilité à assurer la sécurité des femmes et des jeunes flles durant les conflits armés tout en renforçant leur participation active, directe à l’édifcation de la paix;
• (iii) la Stratégie Nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, les pratiques néfastes, le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines (2019-2023) Cette stratégie est en parfaite conformité avec le Plan d’action national de la Résolution 1325, plus concrètement dans son axe prioritaire 4: «Protection et réhabilitation des victimes de violences sexuelles et violences basées sur le genre» avec comme objectifs:
° Assurer la protection des femmes et des petites flles contre les violences sexuelles et les violences basées sur le genre;
° Combattre l’impunité des auteurs des violences sexuelles et de la violence basée sur le genre (VBG);
° Réhabiliter les victimes des violences sexuelles et des VBG à travers une prise en charge globale et intégrée de leurs besoins.
Dans le cadre de la mise en œuvre des orientations politiques et stratégiques, le plus grand déf est la capacité du gouvernement à mettre en œuvre ces différents programmes axés sur les résultats. Après le retour à l’ordre constitutionnel de 2016, on note des avancées signifcatives sur le plan institutionnel avec la création d’un ministère en charge des Affaires Sociales et de la Réconciliation Nationale mis en place par Décret N° 16.302 du 11 novembre 2016 (République Centrafricaine, 2016).
Cinq (5) ans plus tard ce ministère est renommé Ministère de la Promotion du Genre, de la Protection de la Femme, de la Famille, et de l’Enfant par Décret N° 21.146 du 23 juin 2021, afn d’assurer la prise en compte des femmes dans la recherche de solutions aux problèmes de développement.
Lors de l’élaboration du PNA Initial de la République Centrafricaine, le processus s’est aligné sur les priorités nationales de développement consigné dans le Pilier 3 du RCPCA qui sont quant à elles alignées sur le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD), en particulier l’ODD 13 qui vise à prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions, prend également en compte la dimension économique, sociale et environnementale du développement durable en intégrant l’éradication de la pauvreté et le développement durable dans un dispositif commun, qui est l’objectif n°1 des ODD «Éliminer la Pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde».
Le genre est primordial et reste l’un des axes prioritaires dans la lutte contre les effets néfastes des changements climatiques lorsqu’il s’agit de l’adaptation. Une prise en compte plus systématique et approfondie de la problématique genre est donc nécessaire afn d’assurer l’effcacité de l’ensemble du processus de PNA.